J’ai commencé cette série il y a sept mois avec l’un des sujets qui me tient le plus à cœur : les jeunes et leur droit à l’information.
Dans cette optique, j’ai essayé d’encourager l’idée que des jeunes bien informés ont bien plus de chances de prendre de bonnes décisions dans la vie, et que ce sont précisément ces jeunes qui peuvent contribuer à améliorer notre société dans son ensemble.
Mais il ne faut pas oublier que lorsque l’on dit que l’information est un pouvoir, cela peut être à la fois positif et négatif. Car une bonne information n’est, au départ, qu’une bonne information pour celui qui la possède, et beaucoup d’autres personnes deviennent dépendantes de ce que cette personne décide d’en faire.
Il y a déjà plusieurs années, après avoir mené une étude avec des jeunes au bureau, nous avions découvert qu’une grande partie d’entre eux se souciait relativement peu des informations personnelles que l’on pouvait trouver à leur sujet sur Internet. Pour moi, ainsi que pour beaucoup d’autres personnes plus âgées, cela avait été un véritable choc. Mais petit à petit, j’ai commencé à mieux comprendre leur point de vue. Ce changement de mentalité m’a semblé intéressant : pour eux, peu importait qu’il existe des photos embarrassantes sur Facebook, puisque tous les autres jeunes de leur génération avaient exactement les mêmes types de photos compromettantes. Cela devenait alors une nouvelle forme de statu quo. Et dans ce cas, l’argument semblait désamorcé… ou pas ?
Et vous, par exemple ? Si quelqu’un vous demande combien vous gagnez ou pour qui vous votez, lui répondez-vous ? Le dites-vous seulement à des personnes en qui vous avez confiance ? Ou ne le dites-vous jamais ? J’ai grandi dans l’idée que ce genre de choses ne regardait personne. Mais est-ce réellement mieux ainsi ?
Avez-vous déjà essayé d’acheter quelque chose à crédit ? Vous savez, ces offres où l’on rembourse un petit montant chaque mois à 0 % ? Savez-vous combien d’informations personnelles il faut fournir pour obtenir un prêt pourtant relativement modeste ?
Je peux imaginer la même logique dans tellement d’autres contextes. Et cela me fait penser aux nombreuses bases de données dans lesquelles des informations sont collectées. Pourquoi collecte-t-on ces informations ? Parce qu’elles donnent du pouvoir.
Et c’est précisément pour cela que, lorsqu’on me demande ce que je fais dans la vie, ma première réaction est souvent de répondre : « Pourquoi ? » Et si je ne peux pas éviter de répondre, je dis simplement : « Employé. » Cela devrait suffire. Et lorsqu’on insiste pour obtenir mon numéro de téléphone en me disant : « C’est juste pour le système », j’ai parfois envie de donner un faux numéro.
À mes yeux, une règle saine consiste à ne partager que les informations dont on accepterait qu’elles soient connues du monde entier. Et quoi qu’il arrive, il faut rester conscient du pouvoir que ces informations peuvent donner — à soi-même comme aux autres.
C’est précisément pour cela qu’il est important de montrer l’exemple aux jeunes : utiliser les bonnes informations pour prendre de meilleures décisions, tout en leur apprenant à garder certaines informations pour eux.





